Bonjour mon petit papa chéri,
Je suis un haillon. Comment peut-on se faire accroire que nous sommes un haillon?
Et qu'est-ce-que ca veut dire en premier lieu?
Pourquoi je me sens comme un haillon. Il me semble qu'après tant d'année, je n'ai pas avancé d'un pas. Je me sens démuni d'idées. Tous ces livres, ces gens qui ont la réponse a tout, la psychologie, les professionnels de toutes sortes, les livres et les spécialistes de tous les pays. Je suis dans la confusion complète. Ou m'en vais-je? Je ne sais plus..
Ou es-tu allé papa? Pourquoi es-tu parti? Tu sais, tu me manques, tu me manque tant. Tu sais ces marches que nous prenions ensemble dans la savane, au tré-quarré. Tu me parlais de tous ces arbres, cette végétation. Tu connaissais tous ces petits coins de cette terre dont tu avais hérité de ton père. Tu l'as chéri, tu l'as aimé, tu l'as mis en valeur et tu l'a partager avec moi, avec amour, tendresse. Je marchais a coté de toi avec fierté. J'étais si heureuse de pouvoir le faire. Tous cela est parce-que j'avais arreté de te juger, d'avoir pris la maturité de mes propres pensées et mes gestes et paroles. J'avais pris le temps de t'écouter, de t'aimer pour ce que tu étais. J'avais découvert le TOI, le vrai, l'authentique, le véritable TOI, sans prétention, avec tout mon amour que j'avais pour toi.
Te souviens-tu papa de ce voyage ensemble a St-Jean-Vianney? Quand tu t'es enlisé dans la boue dans la forest de mon oncle Eugène? Cette place ou il y avait son chalet et cette place ou nous avions été avec Angella couper les arbres de Noel? Cette fameuse place ou mon oncle nous avait soulé en lavant la vielle tasse en fer blanc sale de crotte de souris? Il l'avais lavé avec un peu de son alcool pur 80%, un gros gallon caché dans sa cabane. Il avait dit que ca désinfectait tout l'alcool. Il nous avait donné une bonne dose pour nous réchauffer, je dirais plutot nous tuer.
Ho!! Peday!... Quel age j'avais a ce temps la? Peut-etre 9, 10 11 ans? Je ne m'en souviens plus. Tout ce que je sais, Angella, toi et moi, en avions pas mal dans l'cass... Maman était si faché... T'en avait mangé une bonne cette fois-la.. T'en souviens-tu? Les détails, je ne m'en souviens pas mais merdre, le voyage, je m'en souviens.. On avais passé sur le chemin Jacques-Cartier a Chicoutimi, je pense. Je devrai demandé a Angella si elle s'en souvient.
Cette fois la, j'étais venu te visiter de Toronto, je crois, ou Montréal peut-etre, mais c'était un beau samedi ensoleillé. Tu as choisi de prendre l'après-midi, pour moi seule. Maman a gueulé apres toi pour te dire qu'il y avait cela a faire, et cela et cela.... Tu t'es écouté et m'a dit que c'était toujours la meme chanson... Tu lui as conté une histoire a la tienne et nous sommes parti avec ta belle voiture Oldsmobile jaune et noir toute propre que maman avait poli comme un miroir et pas une tache pour la souillé y paraissait. Elle t'a rétorqué de faire bien attention de ne pas la salir car elle avait travaillé si fort pour que tout soit a la perfection... Tu l'as ignoré et nous sommes parti en aventure vers St-Jean-Vianney, laissant maman seule a rouspété ses charriages de propreté. Tu me parlais de sa famille laba, que je connaissais tres peu. Les Tremblay. Tu me disais que c'était le temps que je les connaisse et tu semblais si fier de mes accomplissements. Tu me faisais sentir comme un trophée...
Te souviens-tu, laba, nous nous sommes perdu. Nous ne retrouvions plus notre chemin et c'est la que tu t'es coincé sur une grosse roche dans le bois. La bagnole jaune et noir toute neuve et impeccable, elle était juchée en balance sur cette roche.
Tu m'as dit, Ho! Comment on va s'en sortir! Si on sali la voiture, ta mère va etre faché. Je t'ai dit de rester calme et que nous allions étudier la situation. J'aimais toujours étudier une situation. Et tu me faisais confiance. Je sais pas pourquoi.
Je suis sorti dehors, habillé tout en blanc de la tete au pieds, j'ai fait le tour de la bagnole et je me suis dit qu'avec ces nouvelles choses sophistiqués, automatique, qu'en mettant au neutre ou a revers, en poussant un peu du coté gauche ou droite de l'arriere roue, je réussirais a avancé la bagnole de son dileme. Je t'ai dit: pousse sur le gas et moi je vais poussé fort en arriere. T'as fait exactement ce que je t'ai dit. Ha! oui on s'en est sorti, mais a quel prix!.... C'était pas beau a voir. La position ou je m'étais mise, tout juste a l'arriere de la roue droite, et au moment que la voiture a basculé vers l'avant a fait un tel dégat sur moi. Dl'a boue! En voici, en voila. De la tete au pieds. J'étais noir de boue. Mais la voiture s'était débloqué de son emprise. Puis je t'ai dit; Je ne peux pas m'assoir dans la voiture comme ca? Tu as regardé dans le coffre et t'as trouvé une guenille et tu l'as mis sur le siège. J'ai essayé de ne pas trop bougé. Tu t'es dirigé vers les tantes Tremblay. C'était la premièere fois que j'allais la. Tu m'as dit de resté dans la voiture que tu allais préparé le terrain. La stratégie diplomate. Un bon plan d'action. Je t'ai écouté et j'ai attendu dans la voiture. Une demi-heure plus tard, tu es revenu. Tu m'as donné des directives bien spécifiques. J'ai suivi a la lettre tout ce que tu m'as dit de faire. Un gros chien s'est approché et tu m'as dit de l'ignoré qu'il n'était pas méchant.
Papa, quand je suis entré dans cette maison de vielles tantes inconnus, qui me connaissait déja par toute tes descriptions que tu leurs avait donné de ta fille spéciale, ils ont tous rigolés. Ils avaient des couteaux a la main, du papier journal sur tout le plancher de la cuisine et m'attendait. Le travail a bien été hardu. J'en avait partout dans le visage jusqu'a la pointe des pieds. Ha! un bon pouce d'épaisseur. Ben! la bouette avait déja commencé a séché et ils ont commencé par le visage en premier pour me voir la face. Délicatement, ils ont enlever mes grosse lunettes et des yeux ont apparus. Faut dire que moi, je ne me suis pas vu, ben sur. Tout le monde rigolait. J'étais tellement habitué de faire rire de moi. Je ne me suis pas senti gèné. Tu avais bien préparé le terrain avec amour et cela me faisais une bonne histoire a raconter dans le futur. Finalement, il y avait tellement de boue sur le papier journal. Je me suis tenu debout sur une feuille propre et après avoir nettoyé le dégat, tu leur a finallement parlé de moi. Tu as parlé tellement élogieusement, tu sais pas comment je me suis bien senti. Je ne me sentais plus un haillon, pen toute. Je ne voyais pas grand chose, mais je voyait tout de toi, ta fierté, ton amour, ton accomplissement comme parent. Tu leur parlais de cette pièce que j'avais usiné a l'école technique et que tu gardais précieusement. Tu sais, encore aujourd'hui, ce sentiment me revient comme si tu étais encore la, a coté de moi.
Le retour. Ben il faut faire face a maman. Bien sur qu'elle sera furieuse. Te souviens-tu? Maintenant une nouvelle stratégie, de nouveaux éléments pour se sortir de notre pétrin. Tu m'as dit de descendre en bas dans le sous-sol et aller dans la chambre ou tu laissais tes bottes de vache ou maman les lavaient toujours avec précaution pour pas que sa sente la merde a vache dans la maison. Puis je t'ai dit: mais toi dans tout ca? Et si je sali, elle va etre faché? Tu m'as dit: C'est pas grave, je suis tellement habitué. Je prends ca en charge sur mon dos. Je t'ai tellement aimé cette fois la. Je voulais voir comment t'allait t'en tiré. Tu l'as fait comme un pros. Ben! Naturellement que j'avais laissé des traces. Maman, en voyait partout. Les poussières tombées! Comme Denis l'as si bien dit.
T'en a mangé toute une cuite! Elle n'a pas arreté de gueulé. Tu fais jamais attention! J'ai travaillé toute une vie a te décrotté, pis r'garde ce que tu fais? Jamais tu fais attention. T'as laissé toute ta trainé jusque dans sous sol. Pis c'est ca, t'é parti sans penser aux choses que je t'avais demandé. T'as pas de reconnaissances. t'aurais du enlever tes bottes avant de descendre en bas. Non tu fais toujours a ta tete.
J'ai fait de mon mieux pour descendre sans salir, mais en vain, des traces quand meme avaient fait leurs marques. Tu m'as regardé dans les yeux, tu m'as fait ce petit sourire complice et tu as baissé la tete et tu es ressorti en silence. T'était cute, mais maman aussi était cute. Vous étiez cute tout les deux. J'ai senti tellement d'amour evers vous deux. Ces chicanes la, je les vois comme de l'amour a votre facon aujourd'hui. Vous vous étiez habitué a vous communiquer comme cela, mais vous vous aimiez. Tu le sais maintenant et maman aussi.
Cela a été tellement une belle fin de semaine papa, inoubliable, imparfaite mais aussi parfaite. Je ne la changerais pas pour tout l'or au monde. Quel bon temps, quel beau temps. Y'a pas d'argent qui va remplacer cela. HA! bon, papa si tu m'en envoie, je ne le refuserai pas!... J'essairai de l'utilisé intelligemment... C'est tout....
Aujourd'hui, je pense a toi et tu es toujours la, a coté de moi, tous les jours. Je te regarde avec tes yeux tendre, ton petit sourire qui veux tout dire. Je t'ai dessiné de mes pensées, comme je me souviens de toi. Tes colères ont disparues de mon ame. Tout ce que je vois, c'est un nouveau toi, un toi tendre et compréhensif, amoureux de son épouse et ses enfants.
Merci pour ce beau partage. Tu es la-haut avec maman et je ne vous oublie pas.
Aujour'hui je suis allé dans cette forest virtuelle avec toi.
Cette personne qui a eu le talent de faire le montage avec la nouvelle technologie pour que toi et moi remarchions dans la foret du passé ensemble. Je l'ai fait ce matin et ce fut une marche magnifique papa.
Cette foret virtuelle, celle de notre enfance, celle que nous avons encore, regardons-la pour que nous puissions tous encore réalisé ce que nous avons aujourd'hui, car demain tout cela ne sera qu'un éternel souvenir. Ce ne sera plus une foret, mais que du virtuel.
Gardons tout cela dans nos esprits pour nos derniers moments. Ils en feront un moment de paix.
Encore énorme merci d'avoir partagé ces moment magiques de ma journée avec toi papa.
Claudette qui t'aime profondément a tout jamais éternellement.
P.S. Papa, veux-tu prendre maman dans tes bras pour moi, l'embrasser pour moi? Dis lui que je l'aime et que je suis heureuse que vous etes ensemble désormais.
Maman je te vois derrière papa, petite coquine, je savais que tu nous écoutais. Je t'aime maman. Prenez-bien soin de vous et s'il vous-plait gardez-bien la porte toute grande ouverte car j'ai tellement hate de venir vous serrer dans mes bras et vous dire que je vous aime.
Bonne journée xoxoxoxoxoxoxoxoxo